Pour une grève générale contre la rentrée des classes!

Par le Comité politique du Parti de l’égalité socialiste (France)
1 septembre 2020

Le Parti de l’égalité socialiste (PES) en appelle aux enseignants, aux jeunes et aux travailleurs pour s’opposer à la rentrée des classes. En France, malgré la résurgence du coronavirus, le gouvernement Macron insiste que l’enseignement se fasse en personne dans les écoles et les lycées. Seule la mobilisation indépendante de tous les travailleurs et des jeunes en une grève générale leur permettra de stopper cette politique mortifère.

Des millions de jeunes et d’enseignants seront exposés au risque d’infection dans des salles de classes bondées, des sanitaires vétustes et dans les transports en commun. A présent, on détecte chaque jour au moins 5.000 nouveaux cas, et le taux de reproduction du virus, qui mesure la vitesse de propagation de la pandémie, s’accroît de jour en jour. Le ministère de la Santé déclare que cette propagation «exponentielle» du virus est «très préoccupante». La décision d’imposer la reprise des cours sous ces conditions témoigne de l’irresponsabilité flagrante du gouvernement.

Les normes sanitaires annoncées par l’Éducation nationale sont dérisoires et dangereuses. Elles dictent l’abandon de la distanciation physique si celle-ci «ne permet pas d’accueillir la totalité des élèves». Les élèves de moins de 11 ans ne porteront pas de masques. En Bretagne, le rectorat annonce que la détection d’un cas de Covid ne provoquera pas la mise en quatorzaine des élèves d’une classe, qui ne se fera qu’à partir de trois cas détectés.

Or les études scientifiques ont établi que les enfants infectés transmettent le virus, et qu’ils en ont même jusqu’à 100 fois plus dans leurs gorges que les malades adultes. La reprise des cours aux États-Unis et au Brésil a déjà provoqué des milliers d’infections et des fermetures d’écoles dans de nombreuses régions. Plus de 70 écoles en France ont dû refermer quand leur ouverture partielle en mai, après le déconfinement, a provoqué une vague d’infections.

En avril, deux parents sur trois s’opposaient à la reprise des cours après le confinement: 60 pour cent estimaient que la reprise était dictée par des calculs économiques. En effet, l’Union européenne et ses États membres ont collectivement accordé des crédits de plus de 2.000 milliards d’euros aux banques et aux grandes sociétés, et les profits nécessaires à faire fructifier ces capitaux doivent être extraits du travail. Mais pour que les parents puissent reprendre le travail, élèves et lycéens doivent reprendre les cours, quel que soit le coût en vies.

C’est le président des riches qui impulse cette politique dictée par les banques et l’UE. «On ne peut pas mettre le pays à l’arrêt», a déclaré Macron, avant d’évoquer les craintes des Français face à la pandémie: «Il faut répondre à cette anxiété sans tomber dans la doctrine du risque zéro.»

Pour étouffer les anxiétés des Français sans combattre le risque, l’État a recours à la désinformation. Face à l’afflux de milliers de nouveaux cas chaque jour, le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy a carrément déclaré: «Il ne s’agit en aucun cas d’une seconde vague.» D’autres commentateurs spéculent que si le nombre d’hospitalisations remonte moins vite que celui des infections, c’est que le coronavirus a subi une mutation et perdu sa virulence.

Les appareils syndicaux et leurs alliés politiques se font les relais de ces spéculations, en laissant entendre que la pandémie n’exige que des modifications mineures des politiques en place. Le SNUipp-FSU a proposé de décaler la rentrée une semaine, la CGT de manifester un jour, le 17 septembre. Quant à Mélenchon, il a dit que pour maintenir la «cohésion sociale», son parti étudie la 1e Guerre mondiale, quand en 1915-1916 les social-démocrates utilisaient le bourrage de crâne et l’Union sacrée avec l’extrême-droite pour étouffer l’opposition ouvrière au massacre sur le front.

Or, les données scientifiques réfutent ces spéculations irresponsables. Alors que la courbe des hospitalisations, toujours décalée de celle des infections, remonte déjà assez vite pour saturer les hôpitaux en octobre, les virologues nient que les mutations aient changé la virulence du virus ou le danger d’une surréaction mortelle du système immunitaire humain. «Tous les virus sont “antigéniquement” identiques», ainsi donc que «la réponse immunitaire qu’ils induisent dans l’organisme» humain, a indiqué le Pr Bruno Lina au Figaro.

Il faut rejeter l’argument du gouvernement selon lequel une rentrée physique est essentielle pour préserver l’égalité sociale. En fait, le mépris du président des riches envers les vies des travailleurs est l’expression de sa politique sociale profondément inégalitaire: casse des retraites, de la SNCF, et des salaires et du statut des cheminots et des fonctionnaires. La rentrée a pour but d’accélérer encore l’enrichissement de l’aristocratie financière organisée par Macron.

Déjà, la résistance à la rentrée s’organise internationalement. Des centaines de milliers d’enseignants et de parents d’élèves rejoignent des groupes sur les réseaux sociaux hostiles à la rentrée aux USA, au Brésil, en Grande-Bretagne et dans d’autres pays. Des comités de sécurité indépendants d’appareils syndicaux à la botte des États et des banques se forment dans les usines, les écoles et les universités en Amérique, en Grande-Bretagne, en Allemagne et au-delà. En France, les groupes Facebook Stylos rouges regroupent de larges sections d’enseignants.

Le PES se solidarise avec leurs luttes et leurs actions. Il souligne que, pour qu’elles soient victorieuses, elles nécessitent d’élargir leur mouvement à l’ensemble de la classe ouvrière. Il s’agit d’unifier les travailleurs et de préparer ensemble une grève générale contre la politique criminelle de la classe dirigeante. Nous en appelons aux enseignants, aux travailleurs et aux jeunes de discuter des revendications suivantes:

Le PES appelle à la formation de comités d’action, indépendants des syndicats, pour préparer la grève générale et veiller à la sécurité sur les lieux de travail dans tous les secteurs d’activité. Comme en Mai 68, une grève générale poserait la question du pouvoir et de la nécessité de transférer le pouvoir étatique aux organisations de lutte créées par les travailleurs. Elle serait ainsi un maillon important de la mobilisation des travailleurs qui se profile aux Etats-Unis, en Amérique latine, à travers l’Europe et dans le monde entier.

La seule façon de stopper la reprise de la pandémie et les attaques sociales à venir est de lutter contre leur cause: le système capitaliste. C’est la lutte menée par le PES, section française du Comité international de la IVe Internationale. Il propose aux enseignants, aux jeunes et aux travailleurs de le contacter pour organiser cette opposition, et de s’abonner à nos bulletins d’information pour les enseignants (newsletter anglophone) ou pour le WSWS francophone ci-dessous.