Sri Lanka: Le SEP organise une réunion et un piquet à Hatton pour la libération des travailleurs de Maruti Suzuki

Par nos correspondants
29 mai 2017

Les membres et les partisans du Parti de l'égalité socialiste (SEP) et des Étudiants et jeunes internationalistes pour l’égalité sociale (IYSSE) ont tenu un piquet et un rassemblement public à Hatton le 21 mai pour exiger la libération immédiate des travailleurs d’automobile Maruti Suzuki en Inde, victimes d’une machination. Hatton est une ville importante de plantations de thé dans la région centrale montagneuse du Sri Lanka.

En mars, 13 travailleurs de l'usine d'assemblage de voitures de Maruti Suzuki à Manesar dans l'État indien du nord du Haryana ont été condamnés à la réclusion à perpétuité sur de fausses accusations de meurtre. Leur seul «crime» était de lutter contre les conditions de travail brutales dans l'usine de l’entreprise mondiale.

Le piquet du SEP et la réunion publique ont eu lieu un peu plus d'une semaine après que le premier ministre indien Narendra Modi a visité la région pour prononcer un discours à une réunion des ouvriers organisée par les syndicats de plantations. La posture de Modi en tant qu'ami des travailleurs des plantations est exposée par le traitement brutal de son gouvernement contre les travailleurs de Maruti Suzuki en particulier et sur la classe ouvrière indienne en général.

Une partie du piquet du SEP

Le piquet SEP / IYSSE, situé près de la gare routière du Hatton, a attiré l'attention de centaines de travailleurs des plantations, de ménagères et de jeunes. Les déclarations du SEP et du Comité international de la Quatrième Internationale (ICFI) pour la défense des travailleurs de Suzuki, victimes d’une machination, ont été distribuées dans la ville. Les travailleurs de la plantation ont voyagé de Maskeliya, Dickoya et Kotagala pour assister à la réunion.

On pouvait lire sur les bannières et les pancartes affichées: «Libérez les ouvriers de Maruti Suzuki victimes d'un coup monté!» «Luttez pour le socialisme international contre la suppression des droits sociaux et démocratiques!» «Construisez le parti révolutionnaire de la classe ouvrière!» et «Luttez pour une Union des Républiques socialistes d'Asie du Sud».

Deux quotidiens tamouls – Virakesari et Thinakkural – et le quotidien cinghalais Lankadeepa ont publié des reportages sur le piquet à la fois dans leurs éditions en ligne et dans les versions imprimées de leurs journaux, et la principale chaîne privée, Sirasa TV, a couvert l'événement.

Des jeunes signent la pétition dans le domaine de Glenugie

Les membres du SEP et de l'IYSSE ont fait campagne dans les domaines autour de Hatton et Maskeliya dans les semaines précédant le piquet et la réunion. Les travailleurs de la plantation de Maskeliya ont signé la pétition en ligne exigeant la libération des travailleurs de Maruti Suzuki, tout comme les travailleurs des domaines Glenugie et Deeside, où les travailleurs ont créé un comité d'action pour lutter pour leurs droits sous la direction du SEP.

En expliquant son soutien à la campagne, S. Ramar de Deeside a déclaré: «Les travailleurs de Maruti Suzuki ont lutté pour surmonter leurs problèmes, comme nous l'avons fait. Je les considère comme notre peuple et nous faisons face aux mêmes problèmes. Ils devraient être immédiatement libérés.»

M. Devarajah, membre du comité politique du SEP, qui a présidé la réunion du 21 mai, a commencé par expliquer que l'emprisonnement à vie des 13 travailleurs de Suzuki et l'emprisonnement de 18 autres pendant trois à cinq ans étaient une «déclaration de guerre» du gouvernement indien contre la classe ouvrière. Quant au verdict de la cour indienne, il a déclaré qu'il s'agissait d'une décision politique et d'un «avertissement, non seulement pour les travailleurs indiens, mais aussi pour les travailleurs dans le monde entier».

Devarajah a établi un parallèle avec les travailleurs des plantations aux domaines Ingestre et Deeside qui ont été arrêtés et licenciés sous de fausses accusations l'année dernière parce qu'ils sont restés en grève après que les syndicats ont trahi la campagne pour des salaires plus élevés et contre une productivité accrue. «Tous les syndicats ont collaboré avec la direction dans cette machination. Seuls le SEP et le World Socialist Web Site se sont battus pour leur libération et leur réintégration», a-t-il déclaré.

Un travailleur signant la pétition dans le domaine de Glenugie

T. Sambandan, un membre dirigeant du SEP de Jaffna, s'est adressé à la réunion. «Les gouvernements du monde entier, a-t-il déclaré, offrent la classe ouvrière aux multinationales en tant que main-d'œuvre bon marché. La machination contre les travailleurs de Maruti Suzuki fait partie de la répression contre tout travailleur qui lutte contre des conditions de travail effroyables.»

Sambandan a expliqué que le ministre indien des Finances, Arun Jaitley, s'est rendu au Japon au début du mois et a rencontré Osamu Suzuki, propriétaire de la société Suzuki. À la suite de cette réunion, la société a accepté d'investir 880 millions de dollars dans l'État indien du Gujarat.

Sambandan a déclaré que les travailleurs ne pouvaient défendre leurs droits fondamentaux que dans le cadre de la lutte pour abolir le système de profit. «Les travailleurs des plantations sri lankaises et les victimes de la guerre dans le Nord devraient s'unir avec les travailleurs du sud de l'île et du sous-continent indien sous la bannière socialiste», a-t-il déclaré.

Un membre du comité politique du SEP W. A. Sunil a été le dernier à prendre la parole. Il a expliqué pourquoi il fallait se battre pour la libération des travailleurs emprisonnés de Suzuki et à travers cela construire l'unité de la classe ouvrière internationale.

W. A. Sunil (deuxième à partir de la droite) s'adressant à la réunion

Commentant la visite du premier ministre indien dans les plantations sri lankaises, Sunil a déclaré que les syndicats de plantations se battaient désespérément pour «embrasser» Modi.

«Les syndicats ne sont pas préoccupés par les droits des travailleurs», a-t-il déclaré, mais font tout leur possible pour subordonner les travailleurs des domaines aux bénéfices des entreprises. «Ils collaborent avec les entreprises et le gouvernement pour imposer un système de métayage qui éliminera tous les droits limités gagnés au cours des luttes précédentes par les travailleurs...»

«Dans les conditions d'une crise économique qui s'intensifie, le capital financier international ne peut pas maintenir ses bénéfices et les droits gagnés par la classe ouvrière au siècle dernier. Sans forger l'unité internationale, la classe ouvrière ne peut pas gagner ou défendre ses droits ou vaincre les attaques mondiales du capital financier», a-t-il déclaré.

Le verdict du tribunal contre les travailleurs de Maruti Suzuki, a-t-il poursuivi, était une garantie des autorités indiennes offerte aux multinationales qu’elles allaient briser toute opposition dans la classe ouvrière qui touche les investisseurs. «C'est aussi un avertissement lancé aux travailleurs de ce qui les attend s’ils résistent aux conditions de travail proche de l'esclavage», a-t-il déclaré.

Sunil a souligné la répression croissante des travailleurs et l'utilisation des ordonnances judiciaires par le gouvernement sri lankais du président Maithripala Sirisena. Les travailleurs ne peuvent pas défendre leurs droits avec les méthodes anciennes, a-t-il dit, ils ont besoin d'un autre programme et d'une autre perspective: la lutte pour le socialisme international.

Plusieurs personnes sont restées après la réunion pour discuter de la campagne internationale pour libérer les travailleurs de Suzuki. Nadarajah du Kotagala a déclaré: «Ce qui est arrivé aux travailleurs de Maruti Suzuki est injuste. Tandis que vous vous battez pour unir tous les travailleurs du monde entier pour les libérer et lutter pour les droits des travailleurs, tous les autres partis soutiennent la bourgeoisie. Vous vous battez pour le socialisme et je vous appuie.»

(Article paru d’abord en anglais le 27 mai 2017)