Sri Lanka: Le SEP mène une campagne contre les expulsions à Colombo

Par nos correspondants
1 août 2015

Une assemblée tenue en plein air par le SEP (Parti de l'égalité socialiste) à Wanathamulla, dans les quartiers ouvriers de la capitale Colombo, a attiré les travailleurs et les jeunes dimanche dernier.

Les équipes du SEP et de l'EJIES (Étudiants et jeunes internationalistes pour l’égalité sociale) ont fait une campagne de porte-à-porte pour l'assemblée dans Wanathamulla et les banlieues environnantes qui accueillent une importante population de jeunes de différentes origines ethniques.

Le SEP présente 43 candidats dans les districts de Colombo, Jaffna et Nuwara Eliya lors de l’élection générale du 17 août au Sri Lanka.

Les résidents du quartier Wanathamulla, qui ont souffert historiquement de pauvreté, de chômage et d'un manque criant de services publics, sont récemment devenus la cible de brutales opérations gouvernementales d'expulsions.

Des résidents Wanathamulla s'entretiennent avec les militants du SEP

Le gouvernement de l'ancien président Mahinda Rajapakse avait annoncé l'expulsion de 135.000 familles de la ville, afin de libérer des terres pour les investisseurs étrangers et locaux. Le SEP et l'EJIES sont intervenus à Wanathamulla et dans d'autres quartiers de Colombo pour défendre les droits des familles menacées d'expulsion depuis 2010. Le SEP et son prédécesseur, la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), effectuent du travail politique dans la région depuis de nombreuses décennies.

Le président Maithripala Sirisena et le gouvernement actuel mené par le Parti national unifié (UNP) promettent d’améliorer les conditions des travailleurs et des pauvres. De même, Rajapakse, qui se présente pour le Sri Lanka Freedom Party (SLFP), l'autre parti capitaliste principal, propose divers engagements. Comme cela est arrivé à maintes reprises dans le passé, les deux partis vont trahir leurs promesses aussitôt l'élection terminée.

De nombreux travailleurs, étudiants et jeunes ont parlé aux équipes du SEP et de l'EJIES, exprimant leur mépris pour les deux partis de l'establishment. Beaucoup d'entre eux ont montré leur intérêt dans le programme socialiste du SEP en achetant de la littérature et en faisant des dons généreux, malgré les difficultés économiques considérables qu'ils éprouvent.

Parlant des deux principaux partis, Wimalasena, un concierge, a déclaré que les mêmes escrocs se regroupaient en bandes différentes d'une période à l'autre pour gouverner le pays. La brutalité policière est de plus en plus utilisée contre les couches sociales les plus pauvres de Colombo, a-t-il dit. «Si un jeune innocent traîne en ville avec un sac à dos pendant quelques heures, il sera probablement interrogé et arrêté sans raison.» Cela est répandu dans la région de Wanathamulla, a-t-il dit, parce que la police veut maintenir un climat d’intimidation chez les gens.

Telle est la réalité des promesses de démocratie et de meilleures conditions de vie du président Sirisena.

Les partisans du SEP discutent les politiques électorales avec des résidents

Une femme d’un certain âge a commenté: «Notre problème fondamental est le logement. Aucun des principaux partis politiques n'a de solution. J’en ai marre de la politique de ces partis qui disent qu'on saura maintenant ce qu'est véritablement une “bonne gouvernance”. Ce n'est qu'une autre fausse promesse.»

Un jeune lycéen a commenté: «Je peux comprendre que c’est seulement les travailleurs qui puissent offrir une solution à nos problèmes. Tous les partis officiels – UNP, SLFP et JVP [Janatha Vimukthi Peramuna] – sont semblables. Peu importe qui se retrouve au parlement dans cette situation, ce sera la même chose. J’espère pouvoir continuer la discussion avec vous.»

En parlant de la situation des personnes expulsées dans le cadre du programme d'évictions, un automobiliste d’un trois roues a déclaré: «Je suis né dans Wanathamulla. Même ma mère est née ici, et j’ai 57 ans maintenant. Mais nos maisons ont été confisquées et nous serons bientôt obligés de payer 8.000 roupies (60 $) de loyer pour une maison pas plus grand qu'un poulailler. Est-ce raisonnable? Ces nouvelles maisons sont impropres à l’habitation. Cela ne nous dérange pas de payer un montant raisonnable pour l'entretien, mais au moins une maison de 55 mètres carrés devrait être proposée.»

Le gouvernement a récemment construit des immeubles à plusieurs étages pour certaines familles expulsées. Un tel bâtiment n'a qu'un seul ascenseur pour 400 à 600 résidents. Il y a des fissures visibles dans les murs extérieurs des bâtiments, soulevant des questions quant à leur intégrité structurelle. Les services publics sont à peine fonctionnels.

Les militants du SEP ont vu des bouches d’égout qui débordaient dans les nouveaux bâtiments, et les résidents se plaignaient qu'ils payaient trop pour l'eau : près de trois fois le taux qu'ils payaient auparavant.

Plusieurs membres du SEP ont pris la parole à la réunion de dimanche.

Présidant l'événement, K.B. Mavikumbura a expliqué que lors de l'élection présidentielle de janvier, Sirisena, avec l'aide de l'UNP et d'autres forces, a effectué une opération de changement de régime pro américain. Washington était opposé aux liens étroits du gouvernement Rajapakse avec la Chine.

Pour l'élection parlementaire, l'UNP cherche à stabiliser ce gouvernement, a dit Mavikumbura. Par contre, Rajapakse essaie de reconquérir le pouvoir afin de reprendre ses politiques. Peu importe celui qui arrive au pouvoir, il va lancer des attaques sans pitié contre les travailleurs.

Prageeth Aravinda, un membre de l’EJIES et candidat du SEP pour la circonscription de Colombo a expliqué: «Dans le cadre de l'assaut sur les droits sociaux, le régime de l'ancien président Rajapakse a attaqué l'éducation gratuite et cherchait à privatiser l'enseignement supérieur sous la pression des exigences d'austérité du Fonds monétaire international. Le gouvernement de Wickremesinghe-Sirisena poursuit les mêmes politiques.»

Vilani Peiris, la tête de liste des candidats du SEP de Colombo, a mis l'accent sur la longue et constante lutte menée par le SEP et la LCR avant lui, pour le droit des travailleurs à un logement décent et d'autres services publics. Elle a rappelé que le régime Rajapakse avait rasé 72 acres de terrain dans la région à des fins commerciales, expulsant des centaines de familles de leur maison en les casant dans des abris temporaires.

Vilani Peiris s’adresse à l'auditoire

Peiris a rappelé les trahisons de l'UNP, alors dans l'opposition, et du Janatha Vimukthi Peramuna (JVP). Ils avaient promu de faux espoirs d'obtenir de meilleurs logements en faisant pression sur le gouvernement de Rajapakse, mais avaient finalement recommandé aux gens d'accepter des logements manifestement inappropriés.

«Seul le SEP a avancé une solution socialiste pour la crise du logement», a déclaré Peiris. «Des milliards de roupies devront être dépensés pour construire des logements sociaux décents et sûrs. Cela est incompatible avec le système de profit. Cela ne peut se faire que par la mise en œuvre des politiques socialistes sous un gouvernement ouvrier et paysan. Cela fait partie du programme internationaliste pour lequel le SEP lutte.»

Peiris a averti que Rajapakse avait recours à la propagande communautariste. Les autres partis aussi vont utiliser le communautarisme pour diviser la classe ouvrière et mettre en œuvre les mesures d'austérité exigées par le capital financier international. Peiris a examiné les leçons de l'opposition intransigeante du SEP à la longue guerre communautariste anti-tamoule menée par les gouvernements UNP et SLFP.

En concluant ses remarques, Peiris a invité les travailleurs et les jeunes à se rallier derrière le programme socialiste défendu par le SEP et à soutenir activement sa campagne. «Tout vote pour les ciseaux, le symbole du SEP lors de l'élection générale, sera un vote conscient pour ce programme internationaliste», a-t-elle dit.

(Article paru en anglais le 31 juillet 2015)