Une réunion publique à Paris discute de l’importance mondiale des élections au Sri Lanka

Par nos reporters
18 août 2015

Ce samedi à Paris, les partisans du Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI) ont tenu une réunion publique, qui a attiré beaucoup de monde, sur l’importance internationale de la campagne du Parti de l’égalité socialiste (PES) dans l’élection générale au Sri Lanka qui a eu lieu hier.

Le secrétaire général du PES (Sri Lanka), Wije Dias, et des candidats en vue du PES, M. Thevarajah pour la région de Nuwara Eliya et Paramu Thirugnanasampanthar pour la région de Jaffna, ont prononcé des allocutions depuis Colombo via l’internet. Un partisan du CIQI, V. Gnana, a fait une présentation à Paris. La réunion a été suivie par les travailleurs et les jeunes, Tamouls et Européens, ainsi que leurs familles. Des travailleurs de plusieurs villes européennes ont écouté la réunion par internet.

Les intervenants ont expliqué que le PES est le seul parti à avancer un programme socialiste révolutionnaire pour unifier les travailleurs cinghalais et tamouls dans une lutte contre les principaux partis bourgeois, groupes nationalistes tamouls et organisations de pseudo-gauche.

Dans ses paroles d'introduction, Dias a noté que le PES (Sri Lanka) était seul à mener une campagne internationale, cherchant à utiliser les élections pour élever la conscience politique des travailleurs en Europe, même si ces derniers ne pouvaient pas voter dans les élections.

Dias a indiqué combien la population était désillusionnée par le président, Maithripala Sirisena. Il est arrivé au pouvoir lors des élections du 8 janvier, dans le cadre d’une opération de changement de régime orchestrée par les États-Unis pour évincer le président sortant, Mahinda Rajapakse. Washington voyait Rajapakse comme trop étroitement lié à la Chine. Ayant promis des réformes démocratiques, Sirisena, de façon antidémocratique, a fait de Ranil Wickremesinghe, du Parti national unifié (UNP) de droite, le premier ministre d’un gouvernement minoritaire. Au pouvoir, il a déclenché une série d’attaques sur les droits démocratiques et sociaux.

Dans le nord du pays, de nombreux Tamouls vivent encore dans des abris de fortune ou dans des camps de détention depuis que le gouvernement de Colombo a massacré les Tamouls nationalistes des Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) et mis fin à la guerre civile au Sri Lanka en 2009. Le ministre de la Défense, Ruwan Wijewardene, réclame plus de pouvoirs pour la police et l’intensification du régime de «la loi et de l’ordre» dans le nord.

En attaquant le rôle réactionnaire des partis de pseudo-gauche comme le Nava Sama Samaja Party (NSSP), le Parti socialiste uni (USP) et le Parti socialiste Frontline (FSP), Dias a déclaré: «Ces partis cherchent à sauver le gouvernement en crise de Sirisena et à soutenir le Parti national uni (UNP), proaméricain et droitiste, dans l’élection. »

Wije Dias a cité le commentaire du chef du NSSP, Wickremabahu Karunaratne, à la question: pourquoi menait-il une campagne indépendante après avoir donné son appui à l’UNP? Il a répondu: «Je lui fournis toujours un soutien, et je le soutiens toujours, même pendant l’élection, je travaille en collaboration avec lui.»

Thevarajah a noté l’intérêt croissant parmi les travailleurs, les jeunes et les peuples opprimés à discuter du programme du PES. Il a dit que le PES discutait les grandes expériences internationales de la classe ouvrière, telles que les soulèvements révolutionnaires de 2011 en Égypte et le rôle du gouvernement Syriza de pseudo-gauche à imposer des mesures d’austérité extrêmes en Grèce.

Il a décrit l’intervention du PES dans les luttes des travailleurs des plantations de thé contre la victimisation par la direction et les syndicats dans le district de Nuwara Eliya. Le PES expose continuellement le Ceylon Workers Union Congress, le Front populaire de l'arrière-pays et d’autres organisations procapitalistes qui s'opposent aux luttes des travailleurs et qui ont soutenu la guerre civile.

Thirugnanasampanthar a souligné que l'escalade des tensions géostratégiques dans l’océan Indien autour du Sri Lanka, tandis que Washington cherche à isoler la Chine et prépare la guerre contre elle, est à l’origine des tensions sociales et des divisions entre les partis bourgeois. Il a décrit comment, six ans après la fin de la guerre civile, des masses de Tamouls vivent encore dans des camps de détention ou des abris de fortune dans des conditions épouvantables.

Il a expliqué que les partis nationalistes tamouls tels que l'Alliance nationale tamoule (TNA) soutiennent néanmoins le gouvernement Sirisena appuyé par les États-Unis. «Tout en faisant monter le communautarisme tamoul, ces partis essaient d'assurer les privilèges de la bourgeoisie tamoule en accommodant les intérêts de l'establishment politique de Colombo au nom d'un accord de partage du pouvoir», a-t-il dit.

À Paris, V. Gnana a souligné la non-viabilité de la perspective du nationalisme tamoul et la justesse de la lutte du CIQI contre la faillite des mouvements tamouls petits-bourgeois, y compris le LTTE. Dans une période antérieure, a-t-il dit, ces mouvements ont utilisé une phraséologie de gauche dans leurs programmes, y compris les appels pour «un Eelam tamoul socialiste», «la lutte de classe» ou «la lutte anti-impérialiste».

À la suite de la dissolution stalinienne de l’URSS, V. Gnana a expliqué que le LTTE et d’autres groupes «ne pouvaient plus manœuvrer entre Moscou et Washington [et]... ils ont abandonné leur phraséologie “socialiste” et leurs prétentions anti-impérialistes et ont commencé à concourir pour le soutien de Washington ou d’autres puissances impérialistes». Ils sont finalement «devenus les oppresseurs de ceux qu’ils prétendaient défendre». Lorsque le CIQI a sans relâche exposé leur politique en faillite, ces groupes ont calomnié le CIQI en l'accusant d'être un agent de l’impérialisme américain, a-t-il noté.

V. Gnana a souligné le fait que la perspective du CIQI a été entièrement confirmée par les événements, et que «notre perspective possède une vaste influence politique parmi les travailleurs tamouls et les jeunes en Europe».

La réunion a mis en évidence l’intérêt croissant chez les travailleurs immigrants tamouls et les travailleurs européens pour la lutte du CIQI contre la politique de la pseudo-gauche et du nationalisme petit-bourgeois.

Les participants ont réagi chaleureusement aux discours, en soulevant des questions supplémentaires sur le programme et la perspective du PES. À Paris, plusieurs travailleurs sont restés à discuter bien après la fin de la partie Skype de la réunion.

Un travailleur qui avait été favorable au LTTE avant de quitter le Sri Lanka pour la France, a acheté un exemplaire de «Les fondements historiques et internationaux du PES (Sri Lanka)», et plusieurs participants à la réunion ont acheté le livre récemment publié par David North: «L’école de Francfort, le postmodernisme et la politique de la pseudo-gauche: une critique marxiste».

(Article paru d'abord en anglais le 17 août 2015)