Le rassemblement international en ligne du 1er mai attire un auditoire mondial

Par Shannon Jones
5 mai 2015

Le rassemblement international de 2015 en ligne du 1er mai organisé dimanche par le Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI) a remporté un franc succès en étant un événement mondial unique qui a réuni des travailleurs et des jeunes issus de plus de 60 pays répartis sur six continents. Les orateurs ont exposé un programme socialiste afin de mobiliser la classe ouvrière internationale contre le danger grandissant d’une guerre mondiale

Le rassemblement, qui a été organisé par le World Socialist Web Site, la publication quotidienne du CIQI, fut le deuxième rassemblement annuel en ligne à avoir été tenu après le formidable succès de celui de 2014. Plus de 1.500 personnes à travers le monde ont participé au rassemblement de cette année, et bien plus nombreux encore étaient ceux qui l’ont suivi aux points de regroupements répartis dans plusieurs pays. La participation a reflété l’opposition généralisée à la course à la guerre entreprise par les principales puissances impérialistes et qui va de pair à la fois avec une attaque implacable sur les droits démocratiques et une contre-révolution sociale à l’intérieur du pays.

Figuraient sur la liste des orateurs, les dirigeants du CIQI venant des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, d’Allemagne, du Sri Lanka, d’Australie et de Nouvelle-Zélande. Les discours ont été traduits simultanément de l’anglais vers l’allemand, le cinghalais et le tamoul.

Tout au long de la réunion, les participants ont posté des centaines de commentaires en provenance du monde entier. Des salutations en ligne furent transmises depuis des points de regroupement situés aux Etats-Unis, au Canada, en Amérique du Sud, en Europe, en Asie-Pacifique et en Afrique. Faisaient partie de ces salutations, celles de partisans en Turquie, en Nouvelle-Zélande, en Inde, en Thaïlande, au Sri Lanka, en Australie, en Afrique du Sud, au Ghana, en Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis, en Espagne, en France, en Belgique, en Allemagne, en Norvège et au Venezuela.

Helen Halyard et Kristina Betinis, qui sont membres du comité national du Socialist Equality Party (Parti de l’égalité socialiste, SEP (US)), ont coprésidé le rassemblement en ligne.

David North, le président du Comité de rédaction international du World Socialist Web Site et le président national du SEP (US), était le premier orateur inscrit sur la liste.

North a dit que le but de ce rassemblement était de donner une voix à l’opposition de la classe ouvrière internationale contre la guerre impérialiste, de fournir une analyse sur les principales causes de la politique militariste qui est menée par les puissances impérialistes et les gouvernements capitalistes de tous les pays du monde, et d’expliquer le programme sur lequel un nouveau mouvement révolutionnaire de la classe ouvrière doit être fondé.

«Au cours de l’année écoulée, l’on a assisté», a dit North, «à une escalade incessante de la violence militaire, instiguée par les Etats-Unis et leurs principaux alliés impérialistes.» Les interventions régionales «font partie d’un nouveau plan de bataille mondial» qui risque de déclencher un conflit entre des puissances dotées de l’arme nucléaire.

North a établi le lien entre l’expansion de la violence militaire utilisée par l’impérialisme américain à l’étranger à la crise interne dans le pays même qui consiste au pillage de la société par une riche élite financière qui contrôle tous les leviers du pouvoir politique.

«Il est des moments de l’histoire où les masses vont de l’avant en brisant les barrières que leur ont imposées leurs oppresseurs», a dit North. «Nous nous rapprochons d’un tel moment historique.»

North a souligné que seul un mouvement international de la classe ouvrière pouvait mettre un terme au danger de guerre. Il a précisé que seul le CIQI fondait sa lutte sur la puissance de la classe ouvrière internationale animée par un programme socialiste révolutionnaire.

Nick Beams, membre du comité national du Socialist Equality Party (Australie) et membre du comité de rédaction international du WSWS, a fait le point sur la situation catastrophique de l’économie mondiale. Il a prévenu que la politique poursuivie par les élites dirigeantes depuis le krach financier de 2008 préparait le terrain pour une crise encore plus grande. Parallèlement, les contradictions économiques qui minent le système financier mondial poussaient l’impérialisme à déclencher une nouvelle guerre mondiale.

«Une nouvelle guerre pour le partage et le repartage du monde est en train d’être planifiée en mettant en péril la survie de la civilisation», a déclaré Beams. (Le discours de Beams et celui de tous les autres intervenants seront mis en ligne dans les prochains jours sur le WSWS.)

Wije Dias, le secrétaire général du SEP au Sri Lanka, a expliqué que l’impérialisme américain cherchait à mettre cette île nation fermement sur son orbite politique comme partie intégrante de sa stratégie d’encerclement de la Chine. Les Etats-Unis, a-t-il dit, oeuvraient à déstabiliser l’ensemble de l’Asie du Sud sans égards aux conséquences.

Il a souligné que la question centrale à laquelle est confrontée la classe ouvrière internationalement est celle du programme et de la perspective révolutionnaires. Le CIQI, a-t-il précisé, a basé sa lutte sur la théorie de la Révolution permanente telle qu’elle a été mise en avant par Léon Trotsky.

Peter Schwarz, le secrétaire du CIQI, a parlé de la résurgence du militarisme en Allemagne et partout en Europe. Toutes les contradictions qui avaient conduit aux deux guerres mondiales précédentes et qui ont dévasté le continent sont en train de réapparaître, a-t-il prévenu. Loin de répandre la paix et la prospérité sur le continent, l’Union européenne est à l’origine de l’austérité et du militarisme, a dit Schwarz.

Schwarz a fait le point sur l’expérience de l’élection de Syriza en Grèce qui a définitivement démasqué les organisations de la pseudo-gauche comme étant une force d’appoint de l’impérialisme et des attaques menées contre la classe ouvrière.

Ulrich Rippert, le secrétaire national du Partei für Soziale Gleichheit (PSG, Parti de l’égalité sociale), était l’orateur suivant. Il a rendu compte de l’évolution de la situation en Allemagne où un considérable renforcement militaire va main dans la main avec une révision de l’histoire qui, en les éludant, banalise les crimes commis par les nazis.

Des millions de personnes sous le choc et indignées, a-t-il dit, assistent à la résurrection du militarisme. La vérité historique, a souligné Rippert, est une puissante force. Se basant sur les leçons de l’histoire, le CIQI cherche à armer l’opposition au militarisme d’un programme conscient, a-t-il déclaré.

Chris Marsden, le secrétaire national du SEP (Grande-Bretagne) a mis en évidence la croissance massive de l’inégalité sociale dans le pays en remarquant que les 117 personnes les plus riches contrôlent actuellement plus de richesses que les 40 pour cent de la population au bas de l’échelle. Marsden a signalé qu’aucun des problèmes auxquels la population laborieuse fait face ne peut être résolu sans se défaire de l’emprise de l’aristocratie financière sur la société.

Bill Van Auken, membre du comité national du SEP (US) et du comité de rédaction international, a parlé de la situation en Amérique latine. En indiquant la chasse aux sorcières qui est menée par le gouvernement Obama contre les immigrants, il a souligné que le SEP défend le droit des travailleurs de vivre dans le pays de leur choix.

Il a mentionné le récent rapprochement opéré entre le régime de Castro à Cuba et les Etats-Unis comme étant une confirmation supplémentaire de la faillite de la perspective des forces de la pseudo-gauche qui ont affirmé que le castrisme offrait une perspective viable à la classe ouvrière en Amérique latine.

Tom Peters, un membre influent du Social Equality Group en Nouvelle-Zélande, a parlé du «pivot vers l’Asie» qui est mené par le gouvernement Obama aux Etats-Unis et qui, a-t-il dit, a transformé la région «en un chaudron bouillonnant de tensions et de rivalités». Il a relevé, partout dans la région, la croissance du militarisme et notamment la décision du Japon de se réarmer et les efforts entrepris par le gouvernement australien de glorifier les champs de la mort de la Première Guerre mondiale.

James Cogan, le secrétaire national du SEP (Australie), a parlé des développements survenus dans la zone Asie-Pacifique. Il a en particulier mis l’accent sur les projets de guerre des Etats-Unis qui visent la Chine et qui, a-t-il averti, présentent le risque d’une catastrophe nucléaire. La classe ouvrière chinoise, a dit Cogan, ne devait pas laisser son sort entre les mains du régime stalinien chinois. Les travailleurs chinois doivent établir leur indépendance politique par rapport à toutes les sections de la bourgeoisie chinoise en forgeant des alliances avec la classe ouvrière à travers l’Asie et internationalement.

Johannes Stern, un membre du comité national du PSG en Allemagne, a examiné la situation au Moyen-Orient. La région, a dit Stern, ressemble de plus en plus à la poudrière des Balkans avant la Première Guerre mondiale. «Des pays entiers sont un champ de ruines; des millions de personnes ont été tuées ou transformées en réfugiés. »

L’ensemble des puissances impérialistes, a-t-il dit, est impliqué dans la lutte pour piller et dominer la région qui regorge de ressources naturelles. Les groupes de la pseudo-gauche, a-t-il précisé, ont joué un rôle particulièrement méprisable en décrivant l’agression militaire impérialiste comme une lutte en défense des droits de l’homme. Les développements tragiques intervenus en Egypte, a dit Stern, ont soulevé la question cruciale de la direction révolutionnaire qui guidera les luttes des masses.

Julie Hyland, secrétaire nationale adjointe du SEP (Grande-Bretagne) a abordé les conditions abominables qu’endurent les immigrants à destination de l’Europe. Elle a dit que la mort de milliers de migrants en Méditerranée était la responsabilité directe des puissances européennes qui avaient adopté une politique qui revenait à dire : «qu’on les laisse se noyer».

«Aujourd’hui, a dit Hyland, à l’époque des missions exploratoires sur Mars et de l’Internet, où des milliers de milliards de dollars sont transférés aux quatre coins du globe juste avec un simple clic, le capitalisme tente une fois de plus d’extraire tout ce qu’il peut des victimes du cauchemar social qu’il a créé.»

Le dernier orateur, Joseph Kishore, le secrétaire nationale du SEP (US), a dit que le risque d’une guerre mondiale ne doit pas être sous-estimé. L’Amérique, a-t-il dit, était engagée dans une campagne pour la conquête du monde. «Chaque pays qu’il affecte avec ses bombes et ses drones sombre dans le chaos.»

Kishore a cependant observé, «Alors qu’elle dévaste un pays après l’autre, la classe dirigeante est confrontée à son ennemi le plus déterminé et le plus puissant à l’intérieur de ses propres frontières, en l’occurrence la classe ouvrière américaine.» Comme les récents développements de Baltimore le montrent, a dit Kishore, les tensions de classe sont telles qu’il ne faudra pas grand-chose pour déclencher une explosion sociale.

La lutte contre la guerre, a insisté Kishore, requiert la construction d’un mouvement international conscient. «Ce rassemblement représente une puissante force pour mener à bien cette tâche… Un mouvement mondial unique basé sur un programme politique commun: le programme de l’internationalisme socialiste révolutionnaire.»

Pour conclure, il a appelé les participants à entamer la lutte pour le socialisme, à étudier le programme du SEP et du CIQI et à prendre la décision d’adhérer au Parti mondial de la révolution socialiste et d’aider à le construire.

(Article original paru le 4 mai 2015)