Le SEP (Parti de l’Egalité socialiste) sri lankais se présentera aux prochaines élections présidentielles

Par Parti l’Egalité socialiste
1 décembre 2014
Par le Parti l’Egalité socialiste
1 décembre 2014

Le SEP (Parti de l’Egalité socialiste), la section sri-lankaise du Comité international de la Quatrième internationale (CIQI), se présentera aux élections présidentielles prévues le 8 janvier 2015. Notre candidat est Pani Wijesiriwardena, membre du Bureau politique du SEP et enseignant retraité ayant une longue et principielle histoire de lutte pour les intérêts de la classe ouvrière.

L’objectif de l’intervention du SEP dans ces élections est de construire le mouvement politique indépendant de la classe ouvrière et des opprimés, fondé sur le programme du socialisme international, contre le danger grandissant de guerre et les attaques sur les conditions de vie et les droits démocratiques.

Le SEP est le seul parti qui dans ces élections se bat pour le socialisme et les intérêts de la classe ouvrière contre tous les partis de la bourgeoisie et leurs satellites de la pseudo-gauche, tels que le Nava Sama Samaja Party (NSSP) et l’United Socialist Party (USP), qui ont eux, une longue histoire de défenseurs et d’apologistes de l’une ou l’autre des formations capitalistes.

Le président Mahinda Rajapakse a annoncé l’élection deux ans avant la date prévue de peur de subir une érosion plus grande encore de son soutien s’il l’avait retardée. La colère populaire monte rapidement dans une partie de la classe ouvrière, des ruraux pauvres et de la jeunesse au sujet des mesures d’austérité du gouvernement dictées par le Fonds monétaire international (FMI).

L’élection du 8 janvier se tient dans une atmosphère de très haute tension politique. Alors que les Etats-Unis intensifient leur « pivot vers l’Asie » et leurs préparatifs militaires contre la Chine, des sections de la classe dirigeante à Colombo préconisent un rapprochement avec Washington et une rupture des relations avec Beijing telles que Rajapakse les avaient développées.

Un jour seulement après l’annonce de l’élection, le ministre de la Santé Maithripala Sirisena démissionnait en disant qu’il se présenterait comme « candidat d’une opposition commune » contre Rajapakse. D’autres ministres et députés se sont ralliés à Sirisena, qui fut aussi secrétaire du Sri Lanka Freedom Party (SLFP), le parti au gouvernement. Cette annonce avait de toute évidence été arrangée bien à l’avance avec l’UNP (Parti national uni) afin de créer le maximum de confusion dans les rangs du gouvernement et d’encourager d’autres défections.

Sirisena, qui avait – jusqu’à la semaine dernière – défendu le bilan politique du gouvernement, dénonça tout de suite « la dictature voilée » du pays, déclarant que « la corruption, la fraude et l’injustice [étaient] endémiques. » Sa déclaration était entièrement alignée sur la fausse campagne que Washington mène pour les « droits de l’homme » et qui vise à faire pression sur Colombo pour qu’elle rompe ses liens avec Beijing. Des preuves commencent à apparaître du rôle joué par les Etats-Unis dans ce contexte, alors que l’ancienne présidente Chandrika Kumaratunga, active au sein de la Fondation Clinton sise en Amérique, joue un rôle crucial dans l’apparition soudaine de Sirisena comme candidat à la présidentielle.

La crise politique à Colombo illustre bien la façon dont toutes les parties du globe sont prises dans les machinations impérialistes et la poussée vers la guerre, alimentées par l’aggravation de la situation économique créée par le krach mondial financier de 2008. Le SEP et les autres partis affiliés au CIQI se battent pour construire un mouvement anti-guerre de la classe ouvrière internationale pour renverser le système de profit, qui est la cause fondamentale de la guerre, et établir une économie socialiste mondiale planifiée.

L’Asie méridionale en général est entraînée dans le maelström géopolitique généré par le « pivot » des USA, qui fait partie des ambitions plus larges de Washington, à savoir la subjugation de la masse continentale eurasienne. Au cours de l’année passée, les USA ont, de façon irresponsable et dangereuse, organisé une confrontation avec la Russie à propos de l’Ukraine, lancé une nouvelle guerre au Moyen-Orient et intensifié les provocations contre la Chine en Asie.

L’occupation pendant dix ans de l’Afghanistan par les USA n’a pas seulement créé une guerre civile interminable dans ce pays, mais encore généré une crise économique et politique dans le pays voisin, le Pakistan. En Inde, le Premier ministre Narenda Modi nouvellement élu et son parti fondé sur l’idéologie de la suprématie raciale, le Bharatiya Janatha Party (BJP), ont poussé le pays vers une plus étroite coopération avec les Etats-Unis et leurs alliés impérialistes, le Japon et l’Australie, ce qui amplifie le danger de guerre.

La classe dirigeante sri lankaise toute entière – le gouvernement, les partis d’opposition et diverses organisations de la pseudo-gauche – ont délibérément maintenu les travailleurs et les jeunes dans l’ignorance quant à la menace de guerre. Le SEP utilisera sa campagne électorale pour rompre cette conjuration du silence et mobilisera la classe ouvrière contre la guerre et l’austérité qui sont le programme de tous ces partis.

Au Sri Lanka, les Etats-Unis ont récupéré la question des crimes de guerre de l’armée sri lankaise, commis lors de l’écrasement militaire du mouvement séparatiste des Tigres de Libération de Tamil Eelam (LTTE) afin de menacer Rajapakse d’une enquête internationale qui pourrait mener à des sanctions et à des mises en accusation. L’objectif de Washington, qui a soutenu la guerre contre le LTTE jusqu’au bout, est d’obliger le gouvernement à prendre ses distances d’avec Beijing et de soutenir le « pivot ».

La réponse du gouvernement et de l’opposition est toute aussi frauduleuse. Rajapakse prend une pose de victime d’un « complot international » mais sans jamais nommer les conspirateurs et il dépense des millions de dollars à l’embauche de lobbyistes américains pour s’attirer les faveurs de Washington. En même temps, le gouvernement intensifie son agitation en faveur du communautarisme et renforce encore ses mesures d’Etat policier pour réprimer toute opposition de la classe ouvrière à l’attaque sévère de son niveau de vie.

Sirisena et le Parti national uni (UNP) dénoncent les méthodes autocratiques du gouvernement mais ils ne seraient pas moins implacables que Rajapakse dans l’imposition des diktats d’austérité du FMI contre la classe ouvrière. L’UNP mena l’un des premiers gouvernement du monde à mettre en œuvre une politique libérale pro-marché. Il a une longue histoire pour ce qui est de casser les grèves et de réprimer brutalement la classe ouvrière. L’UNP fut l’instigateur des pogromes communautaires de 1983 qui déclenchèrent la guerre civile. L’appel de Sirisena en faveur de « la démocratie » sert simplement à signaler qu’il alignerait le Sri Lanka sur les Etats-Unis dans leur « pivot » contre la Chine.

Le Janatha Vimukthi Peramuna (JVP), un des partis d’opposition qui a abandonné il y a longtemps sa posture « anti-impérialiste », s’aligne derrière « le candidat de l’opposition commune » et ce faisant, avec l’impérialisme américain. Hautement discrédité pour son soutien à Rajapakse et sa guerre brutale, le JVP a pris la décision de ne pas présenter son propre candidat présidentiel. Bien qu’il ne soutienne pas ouvertement Sirisena, il a néanmoins indiqué sa position en déclarant que le but principal devait être la « défaite du règne brutal de Rajapakse »

Le SEP a un bilan sans taches de lutte pour les principes socialistes et internationalistes. Le SEP et son prédécesseur, la Ligue communiste révolutionnaire (RCL), se sont battus pour mobiliser la classe ouvrière et les opprimés contre la guerre civile, exigeant le retrait des troupes militaires sri-lankaises des zones de guerre du Nord et de l’Est. Le SEP se bat pour unir les travailleurs cingalais, tamouls et musulmans dans une lutte commune pour établir une République socialiste du Sri Lanka et d’Eelam. Cette lutte est une partie intégrale de la lutte pour le socialisme en Asie méridionale et internationalement, afin que soient défendus tous les droits démocratiques et sociaux de la classe ouvrière et des masses rurales.

Le candidat du SEP Pani Wijesiriwardena a passé toute sa vie d’adulte en tant que combattant dévoué pour la perspective du socialisme international. Parmi les enseignants et ses nombreux anciens élèves, il est reconnu comme défenseur infatigable de leurs droits et ceux d’autres sections de travailleurs et de pauvres, et comme un opposant principiel de l’appareil bureaucratique syndical et de ses trahisons. Il est membre du bureau politique du SEP et fait partie de l’équipe de rédaction du WSWS à Colombo.

Le SEP et son mouvement de jeunesse les Etudiants et Jeunes internationalistes pour l’Egalité sociale (EJIES), présenteront un manifeste électoral détaillé et le parti tiendra des réunions publiques à travers le pays. Nous incitons les travailleurs, les pauvres des zones rurales et les jeunes, qu’ils soient cingalais, tamouls ou musulmans, à soutenir pleinement et à participer énergiquement à notre campagne.

Le SEP a lancé un fonds de 600.000 roupies pour sa campagne électorale et nous appelons à des dons généreux. Mais surtout, nous encourageons tous ceux qui sont d’accord avec notre programme et nos perspectives à rejoindre le SEP et à le construire comme le parti révolutionnaire de masse de la classe ouvrière.

(Article original publié le 26 novembre 2014)